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L’ambiance est au rendez-vous, et la francophonie aussi!

Publié le dimanche 21 Février 2010 à 10 h 5


Tandis que les amateurs de sports – qu’ils soient touristes ou locaux – ont les yeux rivés sur les écrans de tous les restos, cafés et bars de la ville, d’autres en profitent pour vibrer au rythme des Olympiades culturelles, festival particulièrement réussi qui bat son plein sans interruption depuis une dizaine de jours.

D’ailleurs, il me semble important de souligner que la francophonie est fort bien représentée au cours de ces festivités culturelles (oublions les cérémonies d’ouverture et concentrons-nous sur ce qui se passe ici, sur le terrain). En effet, de très nombreux artistes d'expression française se succèdent sur la scène musicale dans le cadre des Jeux. Qu'ils soient du Québec, des Maritimes, d'Europe ou d’ailleurs, leur riche présence fait rayonner notre langue. Chaque jour, des dizaines de musiciens de tous genres et de tous horizons nous offrent leur talent en français, souvent simultanément sur des scènes différentes – nous obligeant à faire des choix parfois déchirants! Il y en a vraiment pour tous les goûts. On compte également plusieurs francophones impliqués dans les expositions d’arts visuels, des humoristes, sans oublier la présence de Robert Lepage et de son Dragon Bleu (qui est maintenant joué dans sa version anglaise, mais tout de même, ça reste l’un de nos meilleurs ambassadeurs).


Robson Square, un lieu d'animation au centre-ville de Vancouver

Et bien sûr, il y a tous ceux qui s’expriment en anglais et dans une multitude d’autres langues. Ce qui représente, au total, un nombre impressionnant d’artistes, produisant par le fait même beaucoup de beauté. Ainsi, la petite cité multiculturelle au tempo d’ordinaire zen et tranquille se montre sous un jour inédit. En plus des milliers de spectacles et expositions en cours, les rues fourmillent de touristes, de fêtards, d’athlètes olympiques et de stars. De nombreux amuseurs publics réchauffent l'atmosphère du centre-ville. Vancouver sort de sa discrétion légendaire et prend une fraîche bouffée d’air. Elle se découvre festive en cette occasion unique d’accueillir des gens venus de partout pour admirer sa splendide verdure, son clément climat et son pacifique océan. Si on me pose la question, je réponds d'emblée que ça lui fait un bien fou de se délier de la sorte! La frénésie des Jeux mêlée à ce foisonnement culturel et artistique, sans compter la présence inespérée du soleil, ça crée une ambiance à tout casser!

Bien sûr, tout n'est pas parfait. Les publicités tape-à-l'oeil des commanditaires : pollution visuelle et agression psychologique. La surabondance de chapeaux en forme de feuilles d’érables et de vêtements rouge pétants : redondance et manque de raffinement flagrant. L’omniprésence des policiers et des barrages de sécurité : ça écœure un brin et ça enlève un peu de magie. Les gens saouls et turbulents aux petites heures qui cassent des bouteilles dans les rues en scandant «Go Canada Go» : ils nous font un peu honte, évidemment. Mais n’allez pas croire que je boude mon plaisir. L’envers de la médaille, Jean-René Dufort et Pierre Foglia se chargent de vous la montrer avec leur légendaire perspicacité. Et fort heureusement, car on a besoin de leur esprit critique aguerri. Mais il ne faut pas que pointer les ratés, c’est une question d’équilibre. Il faut aussi cultiver la faculté de s'émerveiller et d’apprécier les bons coups. Personnellement, je prends conscience de mon immense privilège, celui de me trouver au coeur de ces célébrations et d’y prendre plaisir, au grand air, à l'orée du printemps, dans cette ville inspirante. Nous sommes à une semaine de la cérémonie de clôture il reste encore tellement à savourer!

L’effet Karkwa

Publié le mercredi 17 Février 2010 à 11 h 0


Que ce soit dans une grande salle montréalaise pleine à craquer devant une foule dense et conquise d'avance, ou dans le cadre des olympiades culturelles devant un public disparate et dispersé, Karkwa résonne et rayonne. Ce sont des créateurs d'atmosphère. Dire que leur génie est grandiose ne constitue pas une hyperbole. Devant eux, les spectateurs flottent et entrent immanquablement dans une espère de transe collective, palpable pour peu que l'on en sorte quelques instants pour la saisir et la contempler, avant de se laisser emporter de nouveau par l'irrésistible vague karkwaienne.

Mardi en début de soirée, après la victoire écrasante de l’équipe canadienne de hockey, j’étais curieuse de voir l’effet que Louis-Jean Cormier et sa troupe auraient sur la poignée d’individus de 3 à 93 ans attablés à la cubique Maison du Québec. Pour les avoir vu plusieurs fois en spectacle, je n’étais nullement sceptique et savais que la magie opérerait puisque Karkwa offre toujours, avec une remarquable puissance, une musique qui pénètre et qui transporte. L’impact est saisissant et personne n’y résiste. Ils ont amorcé le show avec Le Compteur, qu'ils ont étiré de longues minutes dans un délire de guitare, de clavier et de percussions. Au bout de quelques instants, le charme opérait et la Maison du Québec ne portait plus à terre. Une heure plus tard, le public hétéroclite émergeait d'un rêve lorsque les cinq musiciens quittaient la scène. Des anglophones, sonnés et émerveillés, m’ont demandé : «What’s the name of that band?». Il a fallu épeler consciencieusement, car ces spectateurs nouvellement conquis tenaient sincèrement à s’en souvenir.

Si, sur disque, la magnifique poésie portée par la voix planante de Louis-Jean Cormier prend tout son sens, les paroles deviennent accessoires sur scène. Les voix deviennent des instruments à part entière, et les mots sont chantés comme dans un langage universel. Ce langage, c'est la musique. Et dans le cas de Karkwa, il s’agit de musique de haut calibre.

Vancouver : que ton âme s’enflamme et illumine le monde

Publié le vendredi 12 Février 2010 à 15 h 0


Je suis venue m’y installer en 2003. Déjà, les travaux allaient bon train dans tout le centre-ville. J’ai vu s’ériger un fort pourcentage des tours de verre qui en composent aujourd’hui le skyline. J’ai vu les dernières maisons victoriennes de la rue Richards, celles qui résistaient farouchement à l’envahisseur, disparaître du paysage l’an dernier. J’ai assisté aux longs travaux qui ont paralysé Yaletown et la rue Cambie afin de permettre qu’aujourd’hui on puisse se rendre à l’aéroport en quelques minutes pour une poignée de monnaie. Pendant des mois, j’ai subi les embouteillages dûs aux nombreuses artères fermées, j’ai vécu dans la poussière et le bruit engendrés par les chantiers de démolitions et de constructions. J’ai admiré une forêt de grues par la fenêtre du 12e étage de mon condo, des années durant. Puis, alors que le village olympique était encore en plein chantier, j’ai été appelée à quitter la ville pour un temps.

Cette semaine, je suis revenue à Vancouver. À ma descente de l’avion, j’ai enfin pu tester la ligne de métro et me rendre au centre-ville en 20 minutes. En sortant du train, j’ai constaté que ces quelques mois avaient suffi à achever les chirurgies esthétiques urbaines et architecturales entreprises à grand frais depuis une décennie. Plus de grues à l’horizon. La rue Granville, dotée d’un nouvel éclairage, est astiquée comme un sou neuf. Les touristes peuvent circuler sur Hastings à l’angle de Abbott sans apercevoir le moindre itinérant. La gentrification controversée du Downtown Eastside, que certains qualifient de grand nettoyage, a bel et bien été amorcée. L’immeuble SFU Woodward impressionne par son design moderne. L’un des murs en arrière est complètement recouvert d’une fantastique photographie géante de Stan Douglas, sur laquelle figure la reconstitution d’une tristement célèbre émeute ayant eu lieu à cet endroit en 1971. De l’autre côté de la rue, la captivante installation vidéo in sittu d’Isabelle Hayeur, Fire with fire, donnant l’illusion qu’un immeuble est en feu, suscite une remarquable fascination. Ces œuvres s’intègrent au discours social lié au quartier Downtown Eastside, dont les résidents se sentent inévitablement exclus de la fête Olympique.

Malgré les affrontements sociopolitiques, la flamme est bel et bien allumée et se doit d’entraîner les Vancouvérois dans sa ferveur. Vancouver s’est mise sur son 36, elle est fin prête. Son centre-ville est tout beau, tout propre, organisé et accueillant. Maintenant, ne reste plus qu’à y mettre de la vie. Depuis mon arrivée mardi dernier, je sens dans Vancouver une tension paisible, une latence tranquille, à l’image de sa personnalité à la fois zen et discrète. Espérons néanmoins que l’événement olympique soit le catalyseur d’un dynamisme et d’une énergie collective. C’est aux gens que revient maintenant le flambeau : qu’ils s’en emparent et qu’il en mettent plein la vue aux délégations journalistiques et aux touristes! Car au-delà des prouesses architecturales, une ville a aussi une âme. Alors que le site est impeccable, c’est maintenant l’âme de Vancouver qu’on souhaite voir émerger, se déployer et séduire le monde entier.
Allez Vancouver, laisse-toi aller. Et que ta fête commence!

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