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Publié le lundi 1 Mars 2010 à 9 h 0

La belle ville


Bien, c'était cool finalement Vancouver! N'en déplaise à tous les chroniqueurs de l'Angleterre, j'ai eu beaucoup de plaisir dans cette ville prétendument plate et insipide.

Une population sympathique, une ville accueillante, plein de policiers québécois dans les rues. C'est pas mêlant, je me suis presque senti dans mon pays!

J'ai bien aimé cette idée « d'importer » des policiers de partout au pays. Ils provenaient de partout, comme Montréal, Kamloops, Halifax, de l'Ontario et de la Sûreté du Québec. C'était un peu leurs Jeux olympiques à eux. Et une façon aussi d'affirmer notre chère différence...

Une touriste, voyant que je parlais français, m'a demandé :
- Vous êtes Québécois? Pourquoi vos policiers sont-ils les seuls en vert alors que tous ceux du pays sont en bleu?
- Euuuh… Bonne question. Je ne sais pas pourquoi on est en vert. Probablement parce que les autres sont en bleu.
- Ce sont des policiers militaires?
- Non, ce sont des policiers provinciaux comme les autres. On vous arrête pour les mêmes affaires, mais de façon distincte.
- Décidément, vous faites rien comme les autres, les Québécois!
- En vert et contre tous, madame!

Avant de passer deux semaines à Vancouver, je la décrivais comme un Calgary sur le bord de l'eau. J'y avais passé deux jours, il y a huit ans, le temps d'interviewer l'acteur qui incarnait The cigaret smoking man dans les X-Files et une dame qui fabriquait des nains de jardin Stéphane Dion.

J'avais aussi visité Salt Spring Island, une petite île qui avait implanté son propre système monétaire, le Salt Spring dollar. J'y avais rencontré un gars qui faisait pousser chez lui des kiwis et des bananes. Illumination : le Canada est finalement une république de banane.

Vancouver est un exemple d'architecture moderne et d'urbanisme nord-américain. Pas d'autoroute qui la cicatrise, des berges superbement aménagées et un centre-ville dense où tout est accessible en cinq minutes de marche. Pour vous donner une idée, en deux semaines, nous avons utilisé notre camion seulement deux fois! Essayez de faire ça à Montréal pour voir… Dans 30 ans, nous serons encore à réparer des gaffes que Vancouver n'a jamais faites.

Les athlètes

Mais des Jeux, ce sont des athlètes, pas seulement une ville. Voilà pourquoi j'adore aller aux Jeux : rencontrer des athlètes et vivre le trip en les observant. Ils sont incroyables. Je leur donne l'immunité diplomatique à vie dans mon émission!

Il y a quelques semaines, Marilou Dozois-Prévost, cette sympathique haltérophile canadienne, m'a demandé ceci : « Je fais une conférence devant la communauté de Joannie Rochette la soirée de sa compétition et je dois parler un peu de ce qu'est un athlète. Pour toi, c'est quoi un athlète? »

Selon moi, un athlète, un vrai, c'est quelqu'un qui se dépasse et qui sacrifie tout pour atteindre quelque chose d'inutile. Lever un poids, lancer une chose loin, courir après un bout de caoutchouc, faire une pirouette, nager en papillon ou patiner en rond. Des choses inutiles qui font de l'athlète un être immensément pur (et fou).

Qui d'entre nous a la force de dire : « Je sacrifie une partie de ma vie pour devenir celui qui lance un disque le plus loin au monde? » Seul un ange en est capable. Un athlète est celui qui est capable de nous démontrer que c'est dans les petits riens qu'il y a tout. Un athlète est un moine qui nous montre comment aller au bout d'un chemin pour la simple satisfaction de dire qu'on s'est rendu. Y a pas plus cool que ça.

Marilou m'a répondu : « On n'est pas tant que ça des anges! Parce qu'au fond, on le fait pour dire : "Lalalère, je suis meilleure que toi! Ça enlève un peu de pureté, non?!" »

Au contraire, ça en rajoute.

Je ne sais pas, vu les circonstances, ce que Marilou a dit dans sa conférence… Joannie est allé, ce soir-là, faire des pirouettes sur la glace, avec un piano sur le dos. C'est rien des pirouettes quand on y pense. Mais c'est dans les petits riens qu'il y a tout.

J'ai vu beaucoup de politiciens se photographier avec nos médaillés depuis deux semaines… J'espère qu'ils ne s'en serviront pas seulement comme mascotte et que ces Jeux auront permis de lancer une mode au pays, celle d'appuyer adéquatement nos athlètes olympiques pas seulement quand les Jeux sont chez nous, mais à TOUS les Jeux.

C'est un choix de société qui s'impose. Si on est capable de donner 3 milliards à GM, on est capable d'appuyer nos athlètes pas simplement pour sauver la face chez nous, mais pour rayonner ailleurs.

J'ai personnellement conservé toutes les photographies et images de Stephen Harper et de James Moore avec les médaillés canadiens pendant les Jeux. Je vous promets que je vais les ressortir si le ministre des Finances ampute le programme olympique dans le prochain budget fédéral.

Il est illogique de couper dans le dépassement de soi quand on est un pays riche, qu'on reçoive de la visite ou pas. Pourquoi couper une usine à idole en des temps ou nos jeunes en ont dramatiquement besoin?

Suite à mon reportage de Pékin où Marilou me vulgarisait l'haltérophilie féminine, elle m'a raconté que plusieurs petites filles se sont inscrites dans son club. Ça m'a secrètement touché (Wow! Je sers à quelque chose?!). Ces jeunes filles que j'ai intéressées par mon reportage, je ne vais pas les laisser tomber!

Je veux les voir aux Jeux olympiques dans 10 ans! Vous pouvez donc compter sur moi pour tomber sur la tomate du premier politicien qui osera vous couper les vivres. Maintenant que nous intéressons nos jeunes à se dépasser, on ne va pas les laisser tomber. Vancouver doit être un début, pas une fin. Sinon, c'est de la publicité trompeuse!

Mes coups de cœur? Les mêmes que les autres, c'est pas compliqué.

Joannie Rochette : T'es tough madame… Ayoye. Voici comment se tenir debout.

Jasey-Jay Anderson : Pour sa petite fille dans les gradins avec son imperméable et sa petite pancarte « Go papa Gold! ». Son autre petite fille aussi, qui tenait la médaille de papa comme on tient un gros biscuit au chocolat.

Alex Bilodeau : Pour sa fraîcheur.

Marianne St-Gelais : Parce qu'elle est pétillante en patin comme dans la vie ET parce qu'elle est incapable de parler anglais sans partir à rire!

Jon Montgomery : Parce qu'avec lui, j'ai eu du plaisir en regardant le skeleton (c'est rare!). Meilleure montée sur le podium, un gagnant comme on n'en voyait trop peu avant au pays. Y veut rien savoir!

Plein de photos!



Vancouver n'est pas seulement surnommée « No fun city », elle est aussi surnommée « the glass city ». On comprend vite pourquoi en levant les yeux. Le centre-ville est truffé de hauts édifices à condo fait de verre. Une harmonie surprenante dans une grande ville qui donne à Vancouver un look très futuriste. Si vous vous apportez une fronde et un sac de roche, vous allez vivre des heures de plaisir!



Si on me demandait de présenter une seule photo pour décrire Vancouver, ce serait celle-là. La relation intime de la ville avec la mer, une jolie Asiatique avec des mitaines olympiques, le temps gris et un petit vent qui dépeigne.



J'ai beaucoup ri du gros « Q » de la maison du Québec, mais je dois admettre qu'il a une certaine gueule… Jean Charest s'est beaucoup vanté au sujet de son pavillon le décrivant comme superbe. Bon… Y était bien, mais faut pas capoter. Il a coûté 5 millions (contrairement à 30 millions pour celui de l'Ontario), moi j'aurais rajouté un 6e million pour les activités de jour. Si les soirs semblaient bien remplis avec d'excellents groupes, le visiteur de jour avait droit, comme seul accueil, à trois bacs de recyclage placé en travers de l'entrée pour bloquer le chemin.



La fontaine la plus laide au monde au pied de notre appartement. Chaque matin, je passais devant cette grosse face laide par laquelle s'écoulait un fin coulis de bave. Je me réveillais la nuit, en sueur, craignant qu'elle ne soit secrètement installée dans mon salon.



Un homme troublé dans des temps troublés, qu'il dit. Avec sa bonbonne au propane pour réchauffer son serpent, cet Alice Cooper des pauvres a fait son spectacle pendant deux semaines au centre-ville. Vancouver, c'est chaud pour des Jeux d'hiver, mais pour un serpent, ça reste un peu frisquet…



J'avais dévoilé en exclusivité dans un de mes textes que MC Gilles cherchait une tuque avec une mascotte Quatchi pour Marie-France Bazzo. J'ai immédiatement exigé de voir une photo prétextant que le Plateau allait s'évanouir.... Marie-France m'en a envoyé une avec la mention « Personne ne s'est évanoui ! » Ben coudonc… Go Canada go!