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La belle ville

Publié le lundi 1 Mars 2010 à 9 h 0

Bien, c'était cool finalement Vancouver! N'en déplaise à tous les chroniqueurs de l'Angleterre, j'ai eu beaucoup de plaisir dans cette ville prétendument plate et insipide.

Une population sympathique, une ville accueillante, plein de policiers québécois dans les rues. C'est pas mêlant, je me suis presque senti dans mon pays!

J'ai bien aimé cette idée « d'importer » des policiers de partout au pays. Ils provenaient de partout, comme Montréal, Kamloops, Halifax, de l'Ontario et de la Sûreté du Québec. C'était un peu leurs Jeux olympiques à eux. Et une façon aussi d'affirmer notre chère différence...

Une touriste, voyant que je parlais français, m'a demandé :
- Vous êtes Québécois? Pourquoi vos policiers sont-ils les seuls en vert alors que tous ceux du pays sont en bleu?
- Euuuh… Bonne question. Je ne sais pas pourquoi on est en vert. Probablement parce que les autres sont en bleu.
- Ce sont des policiers militaires?
- Non, ce sont des policiers provinciaux comme les autres. On vous arrête pour les mêmes affaires, mais de façon distincte.
- Décidément, vous faites rien comme les autres, les Québécois!
- En vert et contre tous, madame!

Avant de passer deux semaines à Vancouver, je la décrivais comme un Calgary sur le bord de l'eau. J'y avais passé deux jours, il y a huit ans, le temps d'interviewer l'acteur qui incarnait The cigaret smoking man dans les X-Files et une dame qui fabriquait des nains de jardin Stéphane Dion.

J'avais aussi visité Salt Spring Island, une petite île qui avait implanté son propre système monétaire, le Salt Spring dollar. J'y avais rencontré un gars qui faisait pousser chez lui des kiwis et des bananes. Illumination : le Canada est finalement une république de banane.

Vancouver est un exemple d'architecture moderne et d'urbanisme nord-américain. Pas d'autoroute qui la cicatrise, des berges superbement aménagées et un centre-ville dense où tout est accessible en cinq minutes de marche. Pour vous donner une idée, en deux semaines, nous avons utilisé notre camion seulement deux fois! Essayez de faire ça à Montréal pour voir… Dans 30 ans, nous serons encore à réparer des gaffes que Vancouver n'a jamais faites.

Les athlètes

Mais des Jeux, ce sont des athlètes, pas seulement une ville. Voilà pourquoi j'adore aller aux Jeux : rencontrer des athlètes et vivre le trip en les observant. Ils sont incroyables. Je leur donne l'immunité diplomatique à vie dans mon émission!

Il y a quelques semaines, Marilou Dozois-Prévost, cette sympathique haltérophile canadienne, m'a demandé ceci : « Je fais une conférence devant la communauté de Joannie Rochette la soirée de sa compétition et je dois parler un peu de ce qu'est un athlète. Pour toi, c'est quoi un athlète? »

Selon moi, un athlète, un vrai, c'est quelqu'un qui se dépasse et qui sacrifie tout pour atteindre quelque chose d'inutile. Lever un poids, lancer une chose loin, courir après un bout de caoutchouc, faire une pirouette, nager en papillon ou patiner en rond. Des choses inutiles qui font de l'athlète un être immensément pur (et fou).

Qui d'entre nous a la force de dire : « Je sacrifie une partie de ma vie pour devenir celui qui lance un disque le plus loin au monde? » Seul un ange en est capable. Un athlète est celui qui est capable de nous démontrer que c'est dans les petits riens qu'il y a tout. Un athlète est un moine qui nous montre comment aller au bout d'un chemin pour la simple satisfaction de dire qu'on s'est rendu. Y a pas plus cool que ça.

Marilou m'a répondu : « On n'est pas tant que ça des anges! Parce qu'au fond, on le fait pour dire : "Lalalère, je suis meilleure que toi! Ça enlève un peu de pureté, non?!" »

Au contraire, ça en rajoute.

Je ne sais pas, vu les circonstances, ce que Marilou a dit dans sa conférence… Joannie est allé, ce soir-là, faire des pirouettes sur la glace, avec un piano sur le dos. C'est rien des pirouettes quand on y pense. Mais c'est dans les petits riens qu'il y a tout.

J'ai vu beaucoup de politiciens se photographier avec nos médaillés depuis deux semaines… J'espère qu'ils ne s'en serviront pas seulement comme mascotte et que ces Jeux auront permis de lancer une mode au pays, celle d'appuyer adéquatement nos athlètes olympiques pas seulement quand les Jeux sont chez nous, mais à TOUS les Jeux.

C'est un choix de société qui s'impose. Si on est capable de donner 3 milliards à GM, on est capable d'appuyer nos athlètes pas simplement pour sauver la face chez nous, mais pour rayonner ailleurs.

J'ai personnellement conservé toutes les photographies et images de Stephen Harper et de James Moore avec les médaillés canadiens pendant les Jeux. Je vous promets que je vais les ressortir si le ministre des Finances ampute le programme olympique dans le prochain budget fédéral.

Il est illogique de couper dans le dépassement de soi quand on est un pays riche, qu'on reçoive de la visite ou pas. Pourquoi couper une usine à idole en des temps ou nos jeunes en ont dramatiquement besoin?

Suite à mon reportage de Pékin où Marilou me vulgarisait l'haltérophilie féminine, elle m'a raconté que plusieurs petites filles se sont inscrites dans son club. Ça m'a secrètement touché (Wow! Je sers à quelque chose?!). Ces jeunes filles que j'ai intéressées par mon reportage, je ne vais pas les laisser tomber!

Je veux les voir aux Jeux olympiques dans 10 ans! Vous pouvez donc compter sur moi pour tomber sur la tomate du premier politicien qui osera vous couper les vivres. Maintenant que nous intéressons nos jeunes à se dépasser, on ne va pas les laisser tomber. Vancouver doit être un début, pas une fin. Sinon, c'est de la publicité trompeuse!

Mes coups de cœur? Les mêmes que les autres, c'est pas compliqué.

Joannie Rochette : T'es tough madame… Ayoye. Voici comment se tenir debout.

Jasey-Jay Anderson : Pour sa petite fille dans les gradins avec son imperméable et sa petite pancarte « Go papa Gold! ». Son autre petite fille aussi, qui tenait la médaille de papa comme on tient un gros biscuit au chocolat.

Alex Bilodeau : Pour sa fraîcheur.

Marianne St-Gelais : Parce qu'elle est pétillante en patin comme dans la vie ET parce qu'elle est incapable de parler anglais sans partir à rire!

Jon Montgomery : Parce qu'avec lui, j'ai eu du plaisir en regardant le skeleton (c'est rare!). Meilleure montée sur le podium, un gagnant comme on n'en voyait trop peu avant au pays. Y veut rien savoir!

Plein de photos!



Vancouver n'est pas seulement surnommée « No fun city », elle est aussi surnommée « the glass city ». On comprend vite pourquoi en levant les yeux. Le centre-ville est truffé de hauts édifices à condo fait de verre. Une harmonie surprenante dans une grande ville qui donne à Vancouver un look très futuriste. Si vous vous apportez une fronde et un sac de roche, vous allez vivre des heures de plaisir!



Si on me demandait de présenter une seule photo pour décrire Vancouver, ce serait celle-là. La relation intime de la ville avec la mer, une jolie Asiatique avec des mitaines olympiques, le temps gris et un petit vent qui dépeigne.



J'ai beaucoup ri du gros « Q » de la maison du Québec, mais je dois admettre qu'il a une certaine gueule… Jean Charest s'est beaucoup vanté au sujet de son pavillon le décrivant comme superbe. Bon… Y était bien, mais faut pas capoter. Il a coûté 5 millions (contrairement à 30 millions pour celui de l'Ontario), moi j'aurais rajouté un 6e million pour les activités de jour. Si les soirs semblaient bien remplis avec d'excellents groupes, le visiteur de jour avait droit, comme seul accueil, à trois bacs de recyclage placé en travers de l'entrée pour bloquer le chemin.



La fontaine la plus laide au monde au pied de notre appartement. Chaque matin, je passais devant cette grosse face laide par laquelle s'écoulait un fin coulis de bave. Je me réveillais la nuit, en sueur, craignant qu'elle ne soit secrètement installée dans mon salon.



Un homme troublé dans des temps troublés, qu'il dit. Avec sa bonbonne au propane pour réchauffer son serpent, cet Alice Cooper des pauvres a fait son spectacle pendant deux semaines au centre-ville. Vancouver, c'est chaud pour des Jeux d'hiver, mais pour un serpent, ça reste un peu frisquet…



J'avais dévoilé en exclusivité dans un de mes textes que MC Gilles cherchait une tuque avec une mascotte Quatchi pour Marie-France Bazzo. J'ai immédiatement exigé de voir une photo prétextant que le Plateau allait s'évanouir.... Marie-France m'en a envoyé une avec la mention « Personne ne s'est évanoui ! » Ben coudonc… Go Canada go!

Comme un Suédois

Publié le vendredi 26 Février 2010 à 11 h 0

Je me sens ce soir un peu comme un joueur de hockey suédois. J'ai l'impression de devoir quitter la ville avant la fin du party. Notre avion part aujourd'hui et je vais rater la fin des Jeux à Vancouver.

Il faut ce qu'il faut si on veut produire une autre émission d'Infoman jeudi prochain… Ne vous inquiétez pas, nous avons plein de reportages vancouvérois en banque à vous présenter la semaine prochaine. À commencer par une entrevue avec mon coup de cœur des Jeux : Marianne St-Gelais.

Wow! Quelle superbe fille. Pétillante, brillante et allumée. Elle mérite amplement ses deux médailles d'argent à ses premiers Jeux olympiques. Je lui ai avoué que je l'aimais pour deux raisons : 1) parce qu'elle est une patineuse de vitesse époustouflante et 2) parce qu'elle est pourrie en anglais!

Encore plus drôle, quand elle tente de parler en anglais, elle part à rire immanquablement au bout de trois mots!! C'est extrêmement séduisant (dans le sens noble du terme, bien sûr). Les athlètes canadiens gagnent vraiment à être connus.

Ils travaillent comme des moines pendant des années pour arriver jusqu'ici. Ils n'ont souvent pas une cenne et s'entraînent dans l'ombre. Les idoles de mon fils, je veux que ce soit Marianne St-Gelais ou Alex Bilodeau, mille fois plus que Carey Price avec son gros pick-up et ses blondes au club Opera.

Je suis triste aussi de rater la gigantesque conférence de presse de Joannie Rochette. Contrairement aux autres, j'aurais planté ma caméra juste à côté de Joannie en direction du troupeau de journalistes. Je vous aurais présenté en gros plan chaque journaliste arrivant avec une question niaiseuse du genre « Ç'a dû être difficiiiile pour toi? » ou « À quoi tu pensais quand tu patinaiiiiis?? ».

Je vous l'ai peut-être déjà dit, je suis pour l'utilisation du pistolet Tazer dans les conférences de presse… Une question niaiseuse, un choc. Ça coûterait cher d'électricité.

Je vais aussi rater la prestation de notre Slovaque préféré contre Équipe Canada, Jaroslav Halak. Loin de moi l'idée de me vanter, mais ça fait deux ans que j'écoeure tous mes amis avec Halak. Deux ans que je leur dis qu'il sera un numéro 1 étoile.

C'est un de mes rares dons, je « vois » dans les gardiens de but. J'ai été le seul partisan du Canadien à me faire imprimer un chandail du tricolore « Tomas Vokoun 29 ». J'ai prédit avant tout le monde qu'il deviendrait un grand gardien de la LNH. Il appartenait au Canadien, il a joué une période contre Philadelphie et Mario Tremblay n'en voulait plus après 20 minutes!!!

On l'a donné gratis aux Panthers de la Floride pour protéger Mathieu Garon… Méchante décision! On n'en parle pas souvent de celle-là… Je vous avertis donc d'avance, si le Canadien est assez épais pour échanger Halak d'ici la saison prochaine, je vais personnellement placer une patate dans le silencieux de la voiture de Pierre Boivin chaque matin (je sais où il reste…).

Je quitte donc Vancouver trop tôt comme un Suédois. Pour le reste, on se reparle en fin de semaine, je vais vous écrire de mon salon, comme Jean Dion!

Voici moi et la pétillante Marianne St-Gelais.


Voici moi et la pétillante Marianne St-Gelais. Je lui ai donné un autre brocoli olympique (comme avant les médailles) pour souligner sa nomination en tant que « coup de cœur olympique Infoman ». Le brocoli était biologique, elle fut touchée de l’attention.

Étude gratuite de la bible en pleine rue de Vancouver.


Étude gratuite de la bible en pleine rue de Vancouver. Wou wou wou. Je ne savais pas qu’il fallait payer avant!?! Le kiosque semblait remporter un vif succès, démontrant hors de tout doute que le mot « free » a un effet magique, qu’il soit pertinent ou pas…

Faut débuter jeune pour devenir un bon bobeur!!!


Faut débuter jeune pour devenir un bon bobeur!!! Entraînement quotidien en poussette et tous les hivers à Calgary. Avant le bob à deux, c’est le bob à couche!

Un super héros près de chez vous

Publié le jeudi 25 Février 2010 à 16 h 45

Avec tous ces soûlons dans les rues de Vancouver, le sentiment de sécurité se désagrège chaque soir. Les ruelles du centre-ville, à 3 heures du matin, sont pleines de surprises et la police ne peut être partout.

Une chance pour nous que Vancouver peut compter sur les services d’un vrai super héros. Il s’appelle Thanatos the Dark Avenger et, évidemment, sa réelle identité reste secrète.

Chaque soir, il sort avec son attirail afin de protéger la veuve, l’orphelin et le robineux. Il s’est fabriqué un beau costume, une belle ceinture avec plein de gadgets et la police le connaît bien. Je blague? Pas du tout. Ce n’est pas mon genre.

Thanatos fait partie du registre des super héros et il appartient à la nouvelle mode des real life superheroes. Des gars et des filles qui se fabriquent un costume, une identité et partent arpenter les rues à la recherche d’une bonne action ou d’un voleur de sacoche à tapocher. Je vous jure, ils le font vraiment!

Thanatos m’a donné rendez-vous dans un cimetière du centre-ville. Pour l’occasion, il était accompagné de deux confrères américains, Motor-mouth et Knight Owl, venus l’épauler pour le rush des Jeux olympiques.

Thanatos est plus du style « aide humanitaire », alors que Motor-Mouth est du niveau « je cherche une bataille dans une ruelle ». Pour Knight Owl, je n’ai pas trop compris.

Tous ont en commun de partager les valeurs d’une même fraternité : faire le bien « for the benefit of mankind ». Et si leurs actions ne sont pas jugées comme « héroïques » par leurs pairs, ils risquent de se faire sacrer dehors de la fraternité.

Il y a 138 vrais super héros répertoriés dans le monde et aucun au Québec, à part moi bien sûr… La majorité est aux États-Unis.

Lors de notre rencontre, j’ai fait remarquer à Motor-Mouth que son costume semblait assez sommaire avec un t-shirt noir, des gants et un foulard sur le bas du visage. Il m’a candidement révélé que Douanes Canada avait confisqué son super équipement, craignant qu’il soit un activiste venu foutre le trouble aux Jeux.

« Je leur ai dit que j’étais un super héros et ils m’ont regardé bizarrement (!!!). Je leur ai montré mon site Internet et ils ont réalisé que c’était vrai, mais ils ont décidé de conserver quand même mon équipement. J’utilise donc ici le plan B : un t-shirt et un foulard. »

Les trois super héros patrouilleront dans Vancouver pour toute la durée des Jeux, vous n’avez donc pas à vous inquiéter, il n’y aura pas d’attentat. Avouez que ça ferait votre journée si vous appreniez que votre directeur de caisse populaire sortait la nuit sous le pseudonyme de REER-Man!

En parcourant le registre des super héros, je suis rapidement tombé sur un coup de cœur. Au début, j’ai été séduit par Grinder Man, mais mon amour a été instantané pour Captain Ozone. Un super héros au costume féerique qui utilise un siège de toilette weaponised qu’il peut lancer au premier coquin venu, tel un boomerang. Pour vous amuser : www.worldsuperheroregistry.com

La soirée du hockey

Regarder du hockey à Vancouver, c’est génial. On a droit au système surround gratuit! Mieux encore, on place la télé sur « mute » pour travailler et on ouvre la fenêtre. À chaque but du Canada, on entend un immense grondement de foule genre « Huuuuurrrrraaayy!!!!! ».

Toute la ville se met littéralement à vibrer. Très pratique et on ne rate aucun but avec ça. C’est ce qu’on a fait pour le match Canada-Russie.

La dernière fois que j’ai entendu une collectivité vibrer à l’unisson de la sorte, c’était dans les résidences étudiantes de l’Université de Sherbrooke, il y a 22 ans. Tout s’arrêtait quand arrivait l’heure de Lance et Compte. Dans un épisode, la jolie Russe Natacha avait retiré son soutien-gorge, un « Huuuuurrrrraaaayyyy!!!! » s’était alors fait entendre dans toutes les résidences. Les mâles de l’Université de Sherbrooke avaient hurlé ensemble « Merci Réjean Tremblay! ».

Comme vous ne me croyez sûrement pas, voici les trois justiciers qui protègent Vancouver actuellement.


Comme vous ne me croyez sûrement pas, voici les trois justiciers qui protègent Vancouver actuellement.


Comme vous ne me croyez sûrement pas, voici les trois justiciers qui protègent Vancouver actuellement. Pour justifier les costumes, Thanatos nous déclare « What I do is more important than what I am ». On n’en doute pas.

Nous en avons beaucoup parlé, les Jeux de Vancouver sont censés être les plus verts jamais organisés.


Nous en avons beaucoup parlé, les Jeux de Vancouver sont censés être les plus verts jamais organisés. Pourtant, les organisateurs se promènent tous en gros VUS. Pire encore, les policiers se réchauffent dans la rue avec de ridicules chaufferettes au propane! Une bonne couverture ou des sous-vêtements adéquats feraient bien plus plaisir à David Suzuki!

Moi qui pensais que les inukshuks garnissant le bord de l’eau près du village des athlètes avaient été installés et collés avec de la Bulldog Grip.


Moi qui pensais que les inukshuks garnissant le bord de l’eau près du village des athlètes avaient été installés et collés avec de la Bulldog Grip. J’étais dans les patates. J’ai observé cet homme les assembler patiemment et réaliser des prouesses d’équilibre. TOUT tient tout seul. Je n’ai aucune idée comment, mais ça marche. Une patience olympique… L’homme avait placé une petite boîte devant son lieu de travail et on pouvait donner des sous si son talent nous touchait. Je lui ai donné 2 $ en lui souhaitant qu’il ne vente pas demain.

LNH 2, Canadien 0

Publié le mercredi 24 Février 2010 à 15 h 0

Cette semaine à Infoman, nous vous présenterons un reportage hautement scientifique sur les jambières de gardien de but. Nous voulions savoir s’il existe des études établissant l’efficacité des motifs et des couleurs des jambières.

Attirent-elles plus le regard quand elles sont colorées? Doit-on opter pour des jambières toutes blanches? Est-ce pour ça que Carey Price est pourri??? Voyez le genre…

L’idéal était évidemment de parler à des joueurs professionnels, mais voilà le problème : à Montréal, on ne parle JAMAIS à des joueurs. Jamais, jamais, jamais. Quand on téléphone à Versailles… Heu, s’cusez… Quand on téléphone au Centre Bell, je veux dire, c’est toujours « non ».

Jamais, en 10 ans, nous n’avons pu parler à un joueur du Canadien. Jamais EN 10 ANS!!! Enfin… ce n’est pas tout à fait vrai, c’est arrivé une fois. Je vous raconte.

Il y a environ sept ans, un de mes amis revenait d’un voyage en Finlande et il m’avait rapporté une bière nommée « Saku ». Je me suis immédiatement demandé si la « Saku » avait un rapport avec notre cher capitaine de l’époque, Saku Koivu.

J’ai donc fait une demande d’entrevue au Canadien. La réponse est toujours la même : « Excellente idée! On vérifie si le joueur est d’accord et on vous rappelle! On adore votre émission! » Évidemment, ils ne rappellent jamais.

Trois semaines plus tard, écoeuré de me faire niaiser comme d’habitude, j’ai personnellement rappelé les communications du Canadien pour les informer que j’allais me présenter à l’entraînement de l’équipe, sans invitation. Ayoye! Panique à Versailles…

À mon arrivée, le vice-président aux communications Donald Beauchamp m’attendait personnellement. En bon acteur, il me salue chaleureusement et me dit qu’il va TOUT faire pour que l’entrevue se réalise. Il m’escorte nerveusement jusqu’à la porte du vestiaire et me dit d’attendre alors qu’il va « aller voir si Saku, ça y tente ».

Il revient, fou comme un balai. Saku, ça y tente! Nous nous préparons donc à l’arrivée de Sa Majesté, bière en main et caméra sur l’épaule. Saku arrive alors comme un orignal qui sort du bois.

Saku : - Yes?
Moi : - My friend gave me this beer Saku from Finland, is it your beer?
Saku : - No, but it’s a good beer, you can drink it if you want.

Puis, Saku repart en coup de vent dans son vestiaire. L’entrevue a duré 17 secondes. Je reste là, le micro en l’air, quelque peu médusé jusqu'à ce que Donald brise le silence.

- Hé! Yé tu sympathique Saku! Hein?

Je me retourne et lui réponds exaspéré :

- Bien mon Donald, si tu trouves que ÇA c’est sympathique, sors pas dehors, tu vas capoter comment le monde est sympathique, t’en reviendras juste pas!

Ça a été ma seule entrevue avec un joueur du Canadien malgré des dizaines et des dizaines de demandes. Au fil des ans, il a été plus simple de passer une heure avec le premier ministre du Canada que 5 minutes avec n'importe lequel des chaudrons de l’équipe de hockey de ma ville.

Revenons à nos jambières

Mais revenons à notre reportage sur les jambières de hockey. Avec l’expérience, j’ai décidé de changer de stratégie : on n’appelle plus le Canadien. Qu’ils mangent de la shnoutte.

Nous décidons de téléphoner aux Sénateurs d’Ottawa pour demander une entrevue avec leur gardien Pascal Leclaire. Le téléphone nous tombe à terre, ils disent immédiatement oui. Une semaine après, nous étions en plein milieu de la patinoire des Sénateurs avec un gardien fort sympathique.

Puis, autre téléphone à Hockey Canada voir savoir si Marc-André Fleury n’aurait pas un petit 5 minutes pour nous à Vancouver. « Pas de problème! Voici l’heure et l’endroit ». Nous lui avons parlé hier après le match contre l’Allemagne, l’entrevue a été un plaisir.

Après deux demandes « extra Canadien », nous sommes littéralement sous le choc, nous qui avons été élevés à croire que c’est impossible de parler a un joueur de hockey. En deux semaines, j’ai parlé à plus de joueurs de hockey que dans toute ma carrière!

J’aurais évidemment souhaité réaliser ce reportage avec au moins quelqu’un du Canadien. J’aurais même accepté une entrevue en Slovaque! Mais chez nous, ce n’est tout simplement pas possible. Le Canadien verrouille les portes et reste enfermé dans son Château.

Quelques entrevues ici et là aux journalistes sportifs, une sortie par an à l’hôpital Sainte-Justine et la job est faite. Le mode de communication que Pierre Boivin a choisi pour parler à ses partisans c’est la boutique du Canadien. That’s it.

Tant pis pour eux, on ne va pas pleurer pour ça! On peut même en rire. À la fin de l’entrevue, j’ai souhaité bonne fin de tournoi et de saison à Marc-André en lui demandant, si possible, de ne pas trop planter le Canadien.

- T’es trop tard! On les a déjà plantés trois fois!

Erreur, Marc-André, tu viens de les planter une quatrième fois et tu ne le sais même pas!

Potin en terminant. Alors que nous parlions avec Fleury, Martin Brodeur est passé à côté de nous. Ouin… il est rendu gras comme Benoît Brunet!

La pluie est de retour sur Vancouver.


La pluie est de retour sur Vancouver. Cet homme qui arrose avec son imperméable a même pris la peine de placer un panneau « Caution wet floor » sur le trottoir qu’il lave. Le problème, c’est que c’est pas mal tout Vancouver qui est « wet ». Moi, je placerais plus simplement des panneaux à l’entrée de la ville « Caution wet city! ».

Voici la patinoire de la réserve amérindienne à l’entrée du Lion’s Gate bridge.


Voici la patinoire de la réserve amérindienne à l’entrée du Lion’s Gate bridge. On voit bien qu’ici, la glace est un élément rare de la vie vancouvéroise! La peinture blanche aussi…

L’histoire de Joannie

Publié le mardi 23 Février 2010 à 18 h 0

Pauvre Joannie Rochette. Non seulement sa mère est décédée, mais maintenant, elle aura sur le dos tous les médias de l’univers, attirés par l’odeur de « l’histoire ».

Les médias sont comme des loups à la recherche d’un steak. Quand ils en trouvent un, ils sautent dessus, sans réfléchir. Miam, miam, miam.

C’est bien les Jeux olympiques, mais si en plus on y saupoudre un peu de drame, on obtient un mélange qui fait jouir n’importe quel rédacteur en chef. Alex Bilodeau, ça va, mais Alex avec son frère, c’est encore mieux. Pourtant, Alex n’est pas moins méritant sans son frère ni moins intéressant.

Joannie qui patine, c’est cool, mais Joannie qui patine quelques jours après le décès de sa mère venue la voir, c’est le gros lot pour les médias. C’est immonde à dire, mais des drames comme celui-ci, ils en commanderaient un chaque semaine.

Déjà, tous les chroniqueurs du pays ont écrit leur texte du style « Lâche pas Joannie, », les télévisions ont présenté des images de « Joannie en deuil », et voilà NBC qui plane comme un vautour au-dessus de la patineuse.

NBC se pète les bretelles d’obtenir à Vancouver des cotes d’écoute records depuis les Jeux de 1994 à Lillehammer. Elle s’était alors gavée de la guerre entre Nancy Kerrigan et Tonya Harding. On la sent maintenant s’approcher tranquillement de Joannie à la manière d’un chat qui détecte une souris, alors qu’il y a une semaine, la patineuse ne les intéressait à peu près pas. Now its a story!

Vous observerez bien le cirque ce soir. Ils vont tous se comporter comme les poissons d’une pisciculture qui se battent pour un bout de pain. « L’as-tu clipé? L’as-tu clipé? »

Ils vont lui tourner autour comme une grippe qui trouve un Mexicain. « Comment te sens-tu Joannie? », « L’as-tu fait pour ta mère Joannie? ». Bien oui, elle le fera pour sa mère… As-tu vraiment besoin de le demander? Vous observerez bien la mitraille de flash aux premières larmes. Clic Clic Clic! Vite, elle pleure!

Moi, la médaille, je la donne au premier journaliste qui va mettre son kodak à terre et qui va dire « On va lui ficher patience 5 minutes ». Hier, Sylvie Fréchette, de la délégation canadienne, déclarait : « Le plus beau signe d'amour qu'on puisse lui faire, c'est de garder ses distances. De respecter son deuil. »

J’ai bien hâte de voir si les médias l’aiment autant qu’ils le prétendent…


C’est tout simplement une vieille flèche peinte sur le mur d’une ruelle.


J’ai pris cette photo dans le quartier chinois de Vancouver. C’est tout simplement une vieille flèche peinte sur le mur d’une ruelle. Fascinant, non? Je n’ai aucune idée vers quoi elle pointe. Une vieille flèche, ça indique forcément une vieille direction. À voir son état, j’ai l’impression que la vie est tannée de nous envoyer par là. J’y suis allé pareil, j’ai rien trouvé. Elle ne fonctionne définitivement plus.

Pour ceux que ça intéresse, voici The Lions, un pic montagneux aux portes de Vancouver.


Pour ceux que ça intéresse, voici The Lions, un pic montagneux aux portes de Vancouver. Avec de l’imagination, on dirait deux lions couchés qui gardent la ville. Ici, ce sont des stars. C’est pour cette raison que le pont s’appelle The Lions’ Gate bridge et que l’équipe de football de la LCF s’appelle les Lions de la Colombie-Britannique. Comme dirait Raoul Duguay, toute est dans toute!

Dans le village de Whistler, on a installé un petit mémorial à la mémoire du lugeur géorgien Nodar Kumaritashvili.


Dans le village de Whistler, on a installé un petit mémorial à la mémoire du lugeur géorgien Nodar Kumaritashvili. Les passants peuvent écrire un petit mot dans un calepin et laisser un objet. Si vous observez attentivement au bas de la photo, vous remarquerez que quelqu’un a déposé en offrande sa barre tendre. L’intention est louable, mais bon…